Accueil Inde Haridwar – Inde

Haridwar – Inde

1
0
54

Incredible India, et oui, encore et toujours. Un peu trop même ici à Haridwar. Parfois je me dis que voir des choses croyables commence à me manquer!

Il me reste encore 4 jours ici en Inde, avec heureusement, une étape de choix: le Taj mahal. Malgré ça, je vais tenter d’expliquer pourquoi je ne retournerai probablement jamais en Inde (Probablement pour ne pas être catégorique, mais presque).

Plusieurs raisons à cela:

- D’abord le climat, vraiment hostile aux occidentaux. Ce n’est pas une chaleur écrasante comme on a en France, où l’on se garde bien de mettre le nez dehors l’après-midi quand le soleil tape fort. C’est une chaleur encore pire, à laquelle il faut ajouter une humidité impressionnante! (C’est sûr, ce n’est pas la meilleure période pour visiter l’Inde mais quand même!) Si je reste dans ma chambre, à l’ombre, sous le ventilateur, je transpire. Mais si je sors, alors je sue à grosses gouttes comme cela ne m’était jamais arrivé encore. Être trempé en moins de cinq minutes, sans même bouger. Par exemple, avant hier, je me disais que je n’avais probablement jamais autant transpiré de ma vie… C’était jusqu’à hier où ce fut pire!

-  La culture qui est TROP différente, dans le sens ou tout n’a rien à voir avec ce que l’on connait en occident. La nourriture est différente, les habits sont différents, les préoccupations sont différentes, le nombre d’habitants, les moyens de transport, les relations entre hommes et femmes (pour ça, on ne peut même plus parler de différence, ni même d’opposé, c’est tout simplement incompréhensible pour nous), etc… La liste pourrait être longue, mais je veux en venir au dernier point…

- Les indiens eux-mêmes! Très nombreux à la base, ceux que nous rencontrons sont pour la plupart les indiens qui travaillent dans le tourisme. C’est à dire pas les plus à même d’être sympathiques. Bref, je vais éviter de rentrer dans des généralités à moitié fondées, et me contenter de 2 exemples:

1) Hier, nous marchions avec Diego sur les berges du Gange à Haridwar. (Je rappelle: ville sainte) Chaque matin et soir quand le soleil se lève et se couche, les indiens se réunissent au bord du Gange pour une cérémonie religieuse. Ça c’est le contexte. Donc, nous marchions. Il est difficile d’interpréter la réalité qui nous entoure: il suffit de prendre une toute petite parcelle autour de nous pour trouver à peu près tout les types d’activités possibles et imaginables. Les yeux sont donc aux aguets, et le cerveau, bien que rejetant plus de la moitié des informations, fait de son mieux pour assimiler ce que les yeux lui donnent à manger.

Soudain, à un mètre de nous: deux femmes blanches! Assez rare pour que cela soit noté (le fait qu’elles aient été de sexe féminin n’a rien à voir), ce n’est pas souvent que l’on croise des blancs par ici. Les indiens étant tellement nombreux que les blancs se fondent dans la masse. La probabilité que l’un de nous 4 entame la conversation avoisine les 100%. Alors que nous discutions depuis 3mn (peut-être 2mn43, mais pas depuis longtemps en tout cas), un cercle d’une quinzaine de personnes se forme autour de nous, nous observant de près. Je me suis amusé à interpréter leurs regards: ils étaient en train d’effectuer inconsciemment une étude sociologique poussée de nos comportements de blancs, de nos habits, de ce que l’on racontait, etc… Une bonne minute plus tard, nous décidons de nous déplacer pour poursuivre cette conversation. 15mètres après, nous nous arrêtons à nouveau, vérifions qu’il y a suffisamment d’espace autour de nous, et reprenons le fil de notre discussion. L’ancien cercle est toujours en place, tant les premières conclusions de leurs études semblent les troubler. Mais très vite, un autre cercle s’est reformé constitué de personnes nouvelles. Nous décidons implicitement cette fois d’essayer de dépasser les 5mn de conversation. Trop tard, le cercle se referme de plus en plus sur nous, et déjà, quelqu’un me tape sur l’épaule. Je fais mine de rien, mais il insiste. Je me retourne indiquant à l’indien que j’étais prêt à l’écouter d’une oreille, c’était maintenant ou jamais s’il voulait parler. Il baragouine dans un anglais moyen sans crier assez fort. J’arrive à comprendre: « pictures » et je vois son téléphone portable. Je comprends vite, il veut faire une photo avec moi. Cela est un phénomène très courant, mais aussi très risqué: souvent les familles sont nombreuses: n1 prend une photo de n2 avec moi, puis n2 prend une photo de n1 avec moi aussi. Arrive n3 qui prend une photo de n1 et n2 avec moi, avant qu’arrive n4, qui veut une photo avec les 2 filles blanches, … Bref je m’arrête là, je pense que vous aurez compris que l’on perd vite 10 a 15mn avec ces conneries. Et quand ça arrive toutes les 5mn, ajoutez à ça les mendiants qui vous harcèlent des que vous vous arrêtez, les chauffeurs de rikshaws (tuk tuk local) et leurs voix qui s’élèvent au fur et à mesure que vous vous éloignez, ou ceux qui vous font une queue de poisson pendant que vous marchez pour voir si « au cas ou » vous n’avez pas besoin d’un chauffeur; « Connard je viens de croiser 389 rikshaws en moins de 100m, si j’en voulais un, je serais déja dedans! ».

2) Pour le plaisir, un second exemple. Je cherchais un moyen de me rendre de Haridwar à Agra. D’habitude en Inde, les moyens de transport permettent plusieurs choix différents tous aussi repoussants les uns que les autres (lenteur du train, danger des bus, prix élevé des taxis…). Mais là, pas de chance, les trains étaient complets, c’était trop loin pour un taxi, trop près pour un avion, il ne me restait donc que le bus. Connaissant un peu les ficelles des bus asiatiques, je me rends d’abord dans deux agences, histoire d’avoir une idée des différentes possibilités, et des prix. J’apprends qu’il n’y a pas de bus directs. Ce sont des bus touristiques (c’est à dire aussi pourris que les bus locaux, mais en 4 fois plus cher) qui me déposent à une heure de taxi d’Agra. En insistant un peu, je crois comprendre que depuis la gare de bus, il existe des bus locaux directs pour Agra. Je me rends à la gare routière directement cette fois, bien décidé à réserver mon bus. (Cela est complètement inutile à moins de savoir EXACTEMENT TOUT avant d’arriver à la station: horaire, numéro de bus, prix, etc…) Je trouve les guichets après avoir traversé l’entrée de la gare, c’est à dire des chiottes à découvert (cette information ne prend son importance que si vous arrivez à imaginer l’odeur qu’il peut régner autour), puis une partie du terrain vague que constituent les gares routières. (Le terrain vague est en général entouré de gargotes vendant eau, soda, et chip’s, le tout est recouvert d’ordures en tout genre: plastiques, mégots, restes alimentaires, bouses de vache, canettes…) Je parviens aux guichets, et m’adresse au guichetier après m’être battu pour que personne ne me passe devant: « excuse me, the bus to Agra please? ». La réponse du guichetier: « Le guichet d’à côté! ». Ok. J’essaie celui d’à côté, qui m’envoie vers le 3eme guichet. Le 3eme guichet me renverra vers le 1er guichet. Alors que je commence à maudire tous les indiens de la planète, je me décide à retourner insister auprès du 1er guichet, qui finalement, m’enverra chier rapidement. Résigné, je suis allé réserver un bus de merde dans l’agence touristique d’à côté, un bus qui après 10hrs de voyage, ne m’emmènera même pas jusqu’à Agra, ville de plus d’un millions d’habitants, et première destination touristique du pays.

J’avais entendu que l’on pouvait adorer, ou détester l’Inde. Je crois que j’ai choisi mon camp.

EDIT: L’internet étant vraiment trop mauvais hier, je n’ai pas pu poster cet article, donc je le poste aujourd’hui. Du coup, entre temps, je suis arrivé ce matin à Agra, où j’ai pu apercevoir le Taj mahal. Mais il est fermé le vendredi, donc il faudra que j’attende demain!

  • Carte de l’Inde.

    Je suis en France depuis quelques jours, et je repars dans quelques jours. Voilà un séjour…
  • Le Taj Mahal d’Agra – Inde

    Le Taj mahal à Agra en Inde, un monument qui me fascine depuis que je suis tout petit, puz…
  • Rishikesh – Inde du nord

    Je suis depuis quatre jours à Rishikesh en Inde. On s’est trouvé avec Diego une peti…
Charger d'autres articles liés
  • Koh Phan gan

    Koh Pha Ngan – Thaïlande

    De retour en Asie après presque deux ans en Europe. C’est pas désagréable ! Après qu…
  • Pêche et filet.

    Une belle journée aujourd’hui : presque pas de poissons (mais chut faudrait pas qu&r…
  • Cabillaud

    Un beau cabillaud – Norvège

    Une belle prise en mer des barents le 18/01/2013. Le trip devrait se finir lundi 21/01 ver…
Charger d'autres écrits par journaldunvoyageur2
  • Carte de l’Inde.

    Je suis en France depuis quelques jours, et je repars dans quelques jours. Voilà un séjour…
  • Le Taj Mahal d’Agra – Inde

    Le Taj mahal à Agra en Inde, un monument qui me fascine depuis que je suis tout petit, puz…
  • Rishikesh – Inde du nord

    Je suis depuis quatre jours à Rishikesh en Inde. On s’est trouvé avec Diego une peti…
Charger d'autres écrits dans Inde

Un commentaire

  1. Maman

    10 juillet 2009 à 23:38

    Bonjour
    Que dire, si ce n’est que tu écris des récits vivants et très agréables à lire, qui permettent bien d’imaginer ce que tu vis. L’Inde est un gigantesque pays qui comptera dans les années à venir; c’est bien que des jeunes gens comme toi aient une idée des conditions de vie en Inde et en connaissent un peu la culture.
    Quant à moi, c’est la troisième impression de cet ordre que j’entends, et aujourd’hui, je n’ai pas envie d’aller dans ce pays.
    Je t’embrasse fort
    Maman

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Norvège: Retour de poisson.

Après quelques temps sans réelle mise à jour, l’envie d’écrire m’est rev…